Faire un journal de classe avec les élèves : de la dictée à l’impression
Un projet d’écriture en trois séances pour le CM1, le CM2 ou le collège : les élèves dictent, relisent et corrigent les articles, puis repartent chacun avec leur journal imprimé.
Par la rédaction de Ta gazette ! · · 5 min de lecture
Pourquoi ça marche en classe
Le journal de classe est un classique du projet d’écriture, et il butte toujours au même endroit : entre l’idée et le texte, la page blanche. Dicter supprime cet obstacle. Un élève qui raconte la classe verte au micro, comme il la raconterait à ses parents, produit en trente secondes la matière d’un article. Le travail d’écriture vient ensuite, et il est plus intéressant : relire, corriger, décider.
Le journal a aussi ce que les cahiers n’ont pas : des rubriques, une une, un horoscope, des mots croisés, un éditorial. Tout un vocabulaire de la presse qu’on apprend en le pratiquant.
Le déroulé en trois séances
- Séance 1, raconter. L’enseignant crée la gazette (une minute) et ouvre le lien sur une tablette ou un téléphone de la classe. Chaque élève, à tour de rôle ou par groupes, dicte une anecdote et la signe de son prénom. Les articles s’écrivent au fur et à mesure, sous les yeux de tous.
- Séance 2, relire. Au tableau, on lit les articles un par un. Qu’est-ce que la rédaction a bien compris ? Qu’a-t-elle ajouté qui n’était pas dit ? Que faut-il corriger ? Chaque phrase se modifie directement, et on peut masquer un article, refaire un dessin, changer un titre.
- Séance 3, composer et imprimer. On choisit la une, on relit l’horoscope et le quiz (composés d’après les articles de la classe), on imprime le PDF en cahier. Chacun plie le sien.
Les rubriques d’une classe
- Faits divers : la sortie, la classe verte, le jour où le poisson rouge a disparu.
- Sciences : l’expérience du volcan, les plantations, la sortie au musée.
- Sports : le tournoi de la récré, la course d’orientation.
- Portraits : la maîtresse ou le maître vu par les élèves, l’ATSEM, la dame de la cantine.
- Petites annonces : « Échange billes contre carte rare. »
- Mots croisés et quiz : composés à partir des articles, ils révisent le trimestre sans le dire.
Corriger l’IA est un exercice
Les articles sont écrits par une rédaction faite d’intelligences artificielles, à partir de ce que les élèves ont dicté. Elle n’invente pas de faits, mais elle choisit des mots, un ton, un titre. C’est l’occasion d’un travail de lecture critique qu’on fait rarement à l’école : comparer ce qu’on a dit et ce qui a été écrit, repérer un mot trop fort, une tournure trop journalistique, un détail déplacé.
Dis-le clairement aux élèves, et aux parents : les textes sont produits par une IA puis relus et corrigés par la classe. C’est la vérité, et c’est le cœur du projet.
Prénoms, photos et consentement
Une gazette n’est visible que par ceux qui ont son lien : il n’y a pas de page publique, pas de moteur de recherche, pas de compte. Mais le journal imprimé, lui, circule dans les familles. Signe les articles de prénoms seulement, sans nom de famille, et n’ajoute une photo d’élève que si les parents ont donné leur accord pour l’image, comme pour n’importe quel projet de classe. Les photos deviennent des dessins à l’encre, mais on y reconnaît les enfants.
Les anecdotes et les photos sont transmises aux services de rédaction et de dessin le temps de produire l’article, et ne servent pas à entraîner leurs modèles. La page de confidentialité détaille tout, pour les parents qui le demandent.
Pour un école & classe, Ta gazette ! propose des thèmes, des titres et des idées de rubriques déjà prêts : voir la page école & classe.
Questions
Les questions qui vont avec.
Faut-il un téléphone par élève ?
Non. Un seul appareil suffit, qu’on se passe. Plusieurs appareils peuvent aussi ouvrir le même lien, par exemple une tablette par groupe : chacun voit les articles des autres arriver.
Est-ce adapté au collège ?
Oui, et c’est même là que la relecture critique prend tout son sens. Les thèmes de journaux (Le Monde, Libération, L’Équipe…) permettent aussi de parler de la presse et de ses tons.
Combien ça coûte pour une école ?
Rien pour l’instant : la création, les articles, les dessins et le PDF sont offerts. Seule l’impression est à prévoir.